Les aéroports européens se préparent à une saison estivale potentiellement chaotique. Le déploiement complet du nouveau Système d'Entrée-Sortie (EES) de l'Union européenne est à l'origine de retards considérables, allant jusqu'à trois heures, aux contrôles frontaliers. Cette situation suscite une vive inquiétude chez les professionnels du secteur aérien. L'ACI (Conseil international des aéroports) qualifie même cette perspective de "situation ingérable", tandis que la Commission européenne maintient que le système fonctionne correctement.
Ce nouveau dispositif numérique vise à enregistrer les données biométriques et d'identification des voyageurs des pays tiers, c'est-à-dire les non-ressortissants de l'UE qui n'ont pas besoin de visa. Il est conçu pour remplacer l'estampillage manuel des passeports, promettant à terme une gestion plus efficace et sécurisée des frontières extérieures de l'espace Schengen. Cependant, sa mise en œuvre initiale se heurte à des défis majeurs. Les procédures d'enregistrement des empreintes digitales et des photos faciales allongent significativement le temps de traitement de chaque passager. Ce ralentissement est exacerbé par le manque d'infrastructures dédiées et de personnel formé dans de nombreux aéroports.
Avec l'arrivée imminente de la haute saison touristique, l'augmentation prévue du nombre de voyageurs menace de transformer ces retards ponctuels en embouteillages généralisés. Le secteur aérien redoute des conséquences graves sur l'expérience des passagers, des perturbations des horaires de vol et des pertes économiques. La tension monte entre les opérateurs aéroportuaires, qui alertent sur les risques opérationnels, et les instances européennes, qui minimisent l'ampleur des difficultés actuelles. La résolution rapide de ces obstacles techniques et logistiques est cruciale pour éviter un été sous haute tension.