kiwaise.com contact@kiwaise.com
PresseÉconomie & FinanceCarcassonne : Un an et demi après les coupes, le site Uccoar d'InVivo tremble face au spectre de la fermeture
Économie & FinanceCentre-Gauchepresse.kiwaise.com

Carcassonne : Un an et demi après les coupes, le site Uccoar d'InVivo tremble face au spectre de la fermeture

23 avril 20266 min de lecture0 vues0 commentaires

La peur au ventre à Carcassonne : Le site Uccoar d'InVivo craint une fermeture définitive

Carcassonne, une ville emblématique du Languedoc, vit au rythme de ses châteaux et de ses vignobles. Mais derrière cette façade pittoresque se joue un drame social et économique qui tient en haleine 47 familles et la communauté locale. Le site d'embouteillage de l'Uccoar, entité historique du paysage viticole audois, est de nouveau au centre des préoccupations, un an et demi seulement après un douloureux plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui avait déjà entraîné la suppression de 29 postes. Aujourd'hui, la peur d'une fermeture pure et simple plane sur l'établissement, pourtant détenu par le géant de l'agriculture InVivo, via sa filiale Cordier by InVivo. Malgré les démentis de la direction, l'inquiétude grandit parmi les salariés qui craignent que leur site ne soit tout simplement « sacrifié » sur l'autel de la restructuration.

Un héritage viticole bousculé par la géopolitique agricole

L'Union des Coopératives Agricoles des Vignerons de l'Aude et de l'Hérault, plus connue sous son acronyme Uccoar, représente une part significative de l'histoire viticole du Languedoc. Fondée pour mutualiser les moyens et valoriser la production des vignerons locaux, l'Uccoar s'est établie comme un acteur majeur de l'embouteillage et de la commercialisation des vins de la région. Son implantation à Carcassonne n'est pas anodine ; elle est ancrée dans un bassin d'emploi et de savoir-faire viticole. Cependant, les réalités du marché ont évolué, et avec elles, le destin de nombreuses entités indépendantes.

En 2020, un tournant majeur s'opère. L'Uccoar est rachetée par Cordier by InVivo, elle-même filiale du groupe InVivo. Pour rappel, InVivo est un mastodonte de la coopération agricole française, pesant plusieurs milliards d'euros et opérant dans des secteurs aussi variés que l'agriculture, le jardinage ou encore le vin. Cette acquisition s'inscrivait alors dans une stratégie de consolidation et de diversification pour InVivo, cherchant à renforcer sa position sur le marché des vins français et internationaux. L'arrivée d'un tel acteur avait initialement pu être perçue comme une garantie de pérennité pour le site carcassonnais, mais l'histoire récente tend à montrer le contraire.

Le précédent PSE, mis en œuvre il y a près de 18 mois, avait déjà été un choc. La perte de 29 emplois sur un effectif déjà ajusté avait laissé des traces indélébiles. Ces plans de restructuration, souvent justifiés par des impératifs économiques de compétitivité ou d'adaptation aux marchés, ont un coût humain considérable. Pour les salariés restants, ils sont le signal d'une fragilité persistante, d'une épée de Damoclès qui pèse sur leur quotidien et celui de leur famille. Les promesses d'un avenir consolidé se sont vite heurtées à la dure réalité des chiffres et des stratégies de groupe.

La spirale de l'incertitude : Entre démentis de la direction et angoisse des salariés

La situation actuelle à Carcassonne est caractérisée par une profonde incertitude. D'un côté, la direction de Cordier by InVivo, par l'intermédiaire de ses porte-parole, s'emploie à nier toute intention de fermer le site. Ces démentis, habituels dans ce genre de situation, visent à rassurer, à maintenir un climat de travail serein et à éviter des mouvements sociaux préjudiciables à la productivité. Selon des sources proches du dossier citées par L'Indépendant, la direction maintient que le site n'est pas menacé de fermeture et que les discussions en cours portent sur l'optimisation des opérations.

De l'autre côté, les 47 salariés, leur Comité Social et Économique (CSE) et les représentants syndicaux vivent dans l'angoisse. Les rumeurs persistent et se nourrissent des signaux faibles perçus au quotidien : des baisses d'activité, des investissements gelés, des départs non remplacés, ou encore des discussions sur de potentielles relocalisations de volumes de production vers d'autres sites du groupe. Les salariés ont l'impression que la direction prépare le terrain pour une décision inéluctable, malgré les assurances verbales. Ils redoutent d'être les victimes d'une logique de centralisation des activités, où les sites de production jugés moins stratégiques ou moins rentables seraient progressivement démantelés.

Ce sentiment de fragilité est exacerbé par le contexte général de l'industrie viticole française. Confrontée à une baisse structurelle de la consommation de vin en France, à des difficultés à l'export, à la concurrence internationale et aux défis du changement climatique, la filière est en pleine mutation. Les grands groupes comme InVivo sont contraints de réévaluer en permanence leurs stratégies industrielles et commerciales, ce qui peut inévitablement conduire à des arbitrages difficiles concernant leurs actifs. Dans cette course à la rentabilité et à l'efficacité, les sites de taille moyenne, comme celui de l'Uccoar, peuvent parfois apparaître comme des variables d'ajustement.

Conséquences potentielles et perspectives d'avenir

Si la fermeture venait à se confirmer, les conséquences seraient multiples et désastreuses. Pour les 47 salariés et leurs familles, ce serait une nouvelle épreuve, une perte de revenu et de perspectives, particulièrement difficile dans un marché de l'emploi local qui n'est pas toujours florissant pour les reconversions industrielles. Au-delà des chiffres, c'est un savoir-faire, une expérience accumulée sur des décennies, qui risqueraient de disparaître.

Pour la ville de Carcassonne et le bassin d'emploi local, la disparition de l'Uccoar constituerait un coup dur. Même si le nombre de postes est relativement modeste à l'échelle d'une agglomération, chaque emploi compte et l'effet domino sur l'économie locale (fournisseurs, services, commerces) ne doit pas être sous-estimé. La vitalité d'un territoire repose aussi sur la diversité et la pérennité de ses entreprises industrielles.

Les perspectives à court terme sont sombres et incertaines. Les représentants du personnel, souvent soutenus par les élus locaux, chercheront à obtenir des garanties de la direction. Les négociations pourraient porter sur des alternatives à la fermeture, telles qu'une recherche active de repreneur, des plans de revitalisation du site, ou, si le pire était avéré, des mesures d'accompagnement social renforcées (formations, cellules de reclassement, aides à la création d'entreprise). La mobilisation des syndicats et des politiques locaux sera cruciale pour peser dans la balance et tenter d'infléchir la décision d'un groupe aux ramifications nationales et internationales.

L'heure est à la vigilance pour le patrimoine industriel et social

La situation du site Uccoar de Carcassonne est symptomatique des défis auxquels sont confrontés de nombreux territoires français face aux restructurations des grands groupes. Entre les impératifs économiques de rentabilité et la dimension sociale de l'emploi, l'équilibre est souvent précaire. Pour les salariés de Carcassonne, l'heure est à la vigilance et à la mobilisation. Leurs craintes, bien que démenties, sont fondées sur l'expérience passée et la lecture des dynamiques industrielles actuelles. L'avenir du site d'embouteillage de l'Uccoar, et par extension celui de 47 familles, reste suspendu à des décisions stratégiques qui dépassent de loin les frontières de l'Aude. L'enjeu est de taille : préserver un pan du patrimoine industriel et social d'une région face aux logiques implacables du marché mondialisé.

#dept:66#dept:11#region:76#Uccoar#Carcassonne#InVivo#Cordier by InVivo#emploi#viticulture#restructuration#Languedoc#PSE
Partager :

Commentaires (0)

Connectez-vous pour commenter

Chargement...