kiwaise.com contact@kiwaise.com
PresseSociétéChérif Bougag, paraplégique, lance un cri d'alarme : le protoxyde d'azote, un fléau silencieux chez les jeunes
SociétéCentre-Gauchepresse.kiwaise.com

Chérif Bougag, paraplégique, lance un cri d'alarme : le protoxyde d'azote, un fléau silencieux chez les jeunes

24 avril 20265 min de lecture0 vues0 commentaires

Dans une société où les quêtes d'euphorie éphémère sont parfois explorées au péril de la santé, le témoignage de Chérif Bougag résonne avec une force poignante. "Mon but c'est de sauver des jeunes, moi je suis déjà paraplégique", déclare cet habitant de Roubaix dont la vie a été irrémédiablement transformée par l'abus de protoxyde d'azote, communément appelé "gaz hilarant". Son histoire, mise en lumière par France Bleu Nord, est un puissant appel à la vigilance face à un phénomène de plus en plus préoccupant.

Le protoxyde d'azote : un détournement dangereux d'un gaz commun

Initialement utilisé dans des contextes médicaux pour ses propriétés anesthésiantes et analgésiques, notamment en dentisterie, ou dans l'industrie agroalimentaire comme propulseur pour les aérosols (chantilly, siphons de cuisine), le protoxyde d'azote (N2O) a vu son usage détourné de manière alarmante au cours des dernières années. Ce gaz, vendu légalement en petites cartouches ou bonbonnes, est aisément accessible, notamment via internet ou dans certaines épiceries, contribuant à une perception erronée de sa dangerosité.

Sa popularité parmi les jeunes s'explique par plusieurs facteurs : son faible coût, sa facilité d'obtention et les effets rapides, bien que de courte durée, qu'il procure – euphorie, légers vertiges et distorsion de la perception. Consommé en inhalant le gaz libéré d'une bonbonne dans un ballon, il représente un rituel de socialisation pour certains, une échappatoire pour d'autres. Cependant, derrière cette apparente innocuité se cachent des risques sanitaires graves, souvent ignorés ou sous-estimés.

Le témoignage poignant de Chérif Bougag : "Moi je suis déjà paraplégique"

Chérif Bougag est l'une de ces victimes. Ancien consommateur régulier de gaz hilarant, il a payé le prix le plus lourd pour cette dépendance. Suite à un accident vasculaire cérébral (AVC), il a perdu l'usage de ses jambes, se retrouvant paraplégique. Son parcours, comme il l'a partagé avec ICI Nord, est celui d'une descente aux enfers qui a culminé dans une tragédie personnelle. Ce n'est pas une fatalité isolée, mais l'illustration crue des conséquences neurologiques que peut engendrer l'inhalation de N2O.

Ce Roubaisien, loin de se laisser abattre par son handicap, a transformé sa douleur en une détermination sans faille. Son objectif est désormais clair : alerter et sensibiliser les jeunes aux dangers de cette substance. "Moi je suis déjà paraplégique, mais je veux que d'autres ne le deviennent pas", explique-t-il, faisant de son corps brisé un instrument de prévention, un signal d'alarme vivant qui dément l'idée que le protoxyde d'azote serait anodin.

Les risques sanitaires avérés du protoxyde d'azote

Si les effets immédiats de l'inhalation de protoxyde d'azote sont souvent décrits comme de courtes bouffées de rire ou d'euphorie, les risques pour la santé sont multiples et bien documentés par les professionnels de santé. À court terme, l'inhalation directe peut entraîner asphyxie par manque d'oxygène, brûlures des voies respiratoires dues au froid extrême du gaz, vertiges, évanouissements et chutes, pouvant provoquer des traumatismes physiques.

À long terme, et particulièrement en cas de consommation répétée et à fortes doses, les conséquences peuvent être dévastatrices. Le protoxyde d'azote perturbe gravement le métabolisme de la vitamine B12, essentielle au bon fonctionnement du système nerveux et à la formation des cellules sanguines. Cette carence peut provoquer des atteintes neurologiques irréversibles, telles que des neuropathies périphériques (atteinte des nerfs) ou une myélopathie (atteinte de la moelle épinière), pouvant se manifester par des fourmillements, des troubles de l'équilibre, une faiblesse musculaire, voire une paralysie comme dans le cas de Chérif Bougag. Des troubles psychiatriques, comme des épisodes dépressifs ou psychotiques, ainsi que des problèmes hématologiques, peuvent également survenir.

Une préoccupation croissante des autorités et des professionnels de santé

Face à l'augmentation des consommations et des hospitalisations liées au protoxyde d'azote, les autorités sanitaires et les pouvoirs publics s'organisent. De nombreuses communes, conscientes de l'urgence, ont pris des arrêtés interdisant la vente de cartouches et bonbonnes aux mineurs ou leur consommation sur la voie publique. Au niveau national, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) a intensifié ses campagnes de prévention et de communication pour informer sur les dangers. La législation évolue également, avec des lois visant à encadrer plus strictement la vente de N2O, notamment aux mineurs.

Cependant, la tâche est complexe. L'accessibilité du produit, sa vente en ligne et la banalisation de son usage par une partie de la jeunesse rendent la prévention et la répression difficiles. Les professionnels de santé et les associations œuvrant dans la réduction des risques appellent à une action concertée, combinant information, éducation et prise en charge des jeunes en difficulté.

L'appel à la prévention : la mission de Chérif

Le parcours de Chérif Bougag, tragique mais désormais porteur d'espoir, illustre l'impact crucial des témoignages directs dans la prévention. Sa voix est celle d'un homme qui a traversé l'enfer de l'addiction et qui, malgré les séquelles irréversibles, a choisi de se battre pour les autres. "Sauver des jeunes", c'est la raison d'être qu'il s'est donnée, une mission qui dépasse sa souffrance personnelle.

Son témoignage est un rappel brutal que le "gaz hilarant" n'a rien d'anodin et que ses conséquences peuvent être dramatiques. Il interpelle la conscience collective sur la nécessité de déconstruire le mythe d'une substance "inoffensive" et de renforcer les dispositifs de prévention et d'accompagnement. Chaque jeune sauvé de cette dépendance représente une victoire sur ce fléau insidieux.

En conclusion, l'histoire de Chérif Bougag est un miroir tendu à notre société, reflétant les dangers cachés derrière des pratiques jugées inoffensives. Elle souligne l'urgence d'une mobilisation générale – des familles, des éducateurs, des professionnels de santé et des pouvoirs publics – pour protéger notre jeunesse. Son courage à témoigner est un phare dans la nuit, éclairant le chemin de la prévention et rappelant que la vie, et la santé, sont des biens trop précieux pour être sacrifiés à une éphémère euphorie.

#dept:59#region:32#addiction#protoxyde-d-azote#gaz-hilarant#sante-publique#jeunes#prevention#temoignage#Cherif-Bougag#Roubaix#AVC#paraplegie
Partager :

Commentaires (0)

Connectez-vous pour commenter

Chargement...